La vallée aux merveille de Sylvie Deshors

La vallée aux merveilles, Sylvie Deshors, Éditions du Rouergue Jeunesse.

Quatrième de couverture :

Jeanne a le coeur brisé, mis à mal par son premier petit copain. Pour lui changer les idées, sa mère l’envoie chez sa tante Miette, à Saorge, un petit village perdu dans les hauteurs de la vallée de la Roya, à la frontière italienne. Là-bas, rien n’avait préparé Jeanne à ce qu’elle allait rencontrer : les « migrants » et les « aidants ». Celles et ceux dont on parle aux infos. Mais pour Jeanne, ils seront femmes et hommes. Et c’est à leur contact qu’elle se reconstruira. 

« Témoin du tourbillon migratoire qui secoue notre monde contemporain, la nécessité d’écrire s’est imposée à moi, tout comme celle d’accueillir parmi la société civile. Avant d’évoquer avec des mots, les femmes, les hommes et les enfants qui franchissent les frontières dans le simple espoir d’accéder à un havre de paix où revivre, j’ai voulu rencontrer celles et ceux qui dans l’urgence ont su ouvrir leur maison et agir. À mon tour, j’ai été accueillie dans la vallée de la Roya où m’ont été confiés des récits et des expériences d’une grande humanité qui ont nourri ce roman. », Sylvie Deshors.  

Qu’est-ce que j’en pense ?

Jeanne raconte son expérience dans la vallée de la Roya où elle gagne en maturité. Progressivement, le personnage évolue et se débarrasse des clichés qu’elle avait dans la tête. C’est aussi le récit de la prise de conscience et de la reconstruction d’une jeune fille qui a le coeur brisé. Son personnage est très crédible : une adolescente blanche de 16 ans (presque 17) qui vient d’un milieu favorisé, qui habite à Lyon avec ses parents et qui écrit des poèmes. Parfois, on a le droit d’en lire quelques passages et c’est très beau, pur et insouciant. Jeanne découvre donc une réalité qu’elle ne connaissait pas et qu’elle ne voyait jusque là qu’à travers l’écran de la télévision ou de son smartphone. 

Au début, Jeanne a peur de l’inconnu puis elle s’ouvre à la joie, la fête, la convivialité et même à l’amour. Elle crée des liens forts avec Ronan, un jeune homme du village, et elle renoue avec sa tante qu’elle n’a pas vu depuis des années et avec qui elle développe une relation pleine d’amour et de complicité. Ce livre met ainsi en avant la beauté et la simplicité des relations humaines donc un retour à l’humanisme et à des valeurs comme la tolérance, le pacifisme et la fraternité au sens le plus large. 

Ce roman aborde beaucoup de thèmes comme l’accueil des migrants en France mais aussi le féminisme, l’écologie et le cyber-harcèlement. Ceux qui aident les migrants luttent pour ne pas se faire repérer par la police, mais il n’y a jamais de confrontation directe. Ce que j’aime dans ce livre c’est la façon dont s’engage Jeanne : elle ne devient pas une militante radicale suite à ce séjour dans la vallée mais elle continue de suivre son propre chemin et d’agir avec ce qu’elle est. Tout au long du roman, elle est entourée de modèles qui l’inspirent mais elle ne devient pas comme eux du jour au lendemain. Jeanne aide comme elle peut en réalisant de petites actions comme transporter des vivres dans l’épicerie solidaire du village par exemple. Selon sa tante Miette, elle ne doit pas   culpabiliser parce qu’elle a la chance de vivre dans un milieu favorisé. Ce que je trouve très beau c’est que la pitié et la tristesse de Jeanne se transforme en profond respect et estime envers les migrants de la vallée. 

Si vous voulez une belle dose d’amour, lisez ce livre (conseillé à partir de 14 ans) !

Légalité ou illégalité… l’important c’est d’agir avec son coeur. C’est ce que je dirai à ma mère quand elle me questionnera à mon retour. […] Je citerai à ma mère la devise de la France créée à la Révolution : Liberté, égalité, fraternité. Ces trois mots gravés aux frontons des écoles que les élèves apprennent par coeur. Des trois, la fraternité était la plus simple à comprendre dans mon enfance. Il suffisait de s’aimer comme des frères. Aujourd’hui, un mot de genre mixte serait mieux, pour intégrer les soeurs aux frères, mais à la Révolution française, on n’en était pas là. Par contre, selon Miette, la fraternité et la solidarité ne peut être définie par aucune loi. 

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