L’Œuvre d’Émile Zola

L’Œuvre, Émile Zola, collection Folio Classique, éditions Gallimard.

Quatrième de couverture :

Camarade de jeunesse de Cézanne, ami et défenseur de Manet et des impressionnistes, Zola résume ici toute son expérience du milieu et des problèmes de la peinture sous le Second Empire et les premières décennies de la IIIe République. Document de premier ordre sur ces « Refusés », ces « plein-airistes » que nous considérons comme les fondateurs de la modernité, L’Œuvre dit aussi la tragédie d’un homme, Claude Lantier, hanté par des rêves d’absolu, le désir de « tout voir et tout peindre. Une sacrée suite de toiles à faire éclater le Louvre ! » Mais, devant l’incompréhension de l’époque, l’absolu du rêve deviendra celui de la détresse, et Claude, qui a commencé comme Manet, aura la même fin que Van Gogh.

Qu’est-ce que j’en pense ?

Pas de scoop, dès la quatrième de couverture, on vous spoile le suicide du personnage principal, Claude Lantier. J’avoue que cela m’a un peu découragée, surtout quand on connaît le style d’écriture très descriptif et riche en vocabulaire de ce cher Zola. Mais l’essentiel n’est pas dans l’intrigue. Le réalisme de ce roman m’a touché, au point d’en être émue et d’en rêver la nuit… Entre autres, Zola vous fait ressentir la détresse de Claude et de sa femme Christine, folle amoureuse de son « grand enfant d’artiste ». Deux passions se confrontent : l’amour charnel et l’amour pour la peinture. Christine jalouse la femme que Claude ne cesse de repeindre. C’est d’elle dont il est vraiment amoureux.

Dans cette histoire aux relations humaines profondément bien écrites, Claude a un idéal artistique qu’il souhaite atteindre avec ses amis. Chacun d’entre eux représente une discipline différente : la peinture, la sculpture, l’architecture, la musique et enfin l’écriture qui est incarnée par le personnage de Sandoz, meilleur ami de Claude mais aussi incarnation de Zola lui-même. Ce n’est donc pas seulement la chute d’un homme mais aussi celle d’un projet artistique, celui du Plein Air.

Je vous conseille donc ce classique qui est riche en émotions mais aussi en informations sur les techniques artistiques de l’époque, ainsi que sur les milieux d’artistes parisiens à la fin du XIXe siècle !

Est-ce qu’on savait jamais, en art, où était le fou ? Tous les ratés le touchaient aux larmes, et plus le tableau ou le livre tombait à l’aberration, à l’effort grotesque et lamentable, plus il frémissait de charité, avec le besoin d’endormir pieusement dans l’extravagance de leurs rêves, ces foudroyés de l’oeuvre.

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