M Train de Patti Smith

M Train, Patti Smith, collection Folio, éditions Gallimard.

Quatrième de couverture :

Patti Smith a qualifié ce livre de « carte de mon existence ». En dix-huit « stations », elle nous entraîne dans un voyage qui traverse le paysage de ses aspirations et de son inspiration, par le prisme des cafés et autres lieux qu’elle a visités de par le globe. M Train débute au ‘Ino, le petit bar de Greenwich Village où elle va chaque matin boire son café noir, méditer sur le monde tel qu’il est ou tel qu’il fut, et écrire dans son carnet. En passant par la Casa Azul de Frida Kahlo dans la banlieue de Mexico, par les tombes de Genet, Rimbaud, Mishima, ou encore par un bungalow délabré en bord de mer, à New York, qu’elle a acheté juste avant le passage dévastateur de l’ouragan Sandy, Patti Smith nous propose un itinéraire flottant au cœur de ses références (on croise Murakami, Blake, Bolaño, Sebald, Burroughs… ) et des événements de sa vie. Écrit dans une prose fluide et subtile qui oscille entre rêve et réalité, passé et présent, évocations de son engagement artistique et de la perte tragique de son mari – le guitariste Fred « Sonic » Smith -, M Train est une réflexion sur le deuil et l’espoir, le passage du temps et le souvenir, la création, les séries policières, la littérature, le café…

Qu’est-ce que j’en pense ?

Après Glaneurs de rêves, la célèbre chanteuse de rock poursuit son autobiographie à travers un voyage littéraire en dix-huit stations. Elle nous confie des écrits personnels, des souvenirs, des rêves, des poèmes mais aussi des pensées. On la suit comme l’un de ses objets qui l’accompagnent constamment.

On peut se perdre dans ce roman aux mille références culturelles et artistiques mais on peut aussi y voir l’itinéraire d’une femme en quête de sagesse. Elle tente de se détacher de la nostalgie, son plus grand mal, en voyageant à travers le monde et en écrivant. Patti Smith s’attache aux objets comme aux personnes, ce que je trouve très beau et émouvant dans sa façon d’entretenir des liens avec eux. Elle parcourt des milliers de kilomètres pour voir tel objet, elle lui parle et l’immortalise grâce à la photographie. Son appartement est un musée personnel où les objets sont des talismans liés à son passé mais également à des figures artistiques qu’elle admire. Pour elle, chaque objet a une place et une valeur particulières.

M Train est aussi une véritable histoire d’amour qui traverse la mort et les générations. Patti parle à son mari défunt, Fred Smith, pour lui exprimer sa peine qui dure malgré les années. Elle tente de s’affranchir du deuil, malgré son chagrin. « On n’est jamais plus seul au monde que lorsqu’on attend d’être retrouvé. »

J’écris avec ferveur, telle une élève à son pupitre, penchée sur son cahier de rédaction, composant non pas pour produire ce qu’on lui demande, mais pour assouvir un désir.

On peut dire que Patti Smith n’est pas seulement une icône du rock ou du punk : elle est une artiste accomplie aux multiples talents qu’il faut prendre le temps de découvrir. Je vous recommande ce livre qui pour moi est devenu une référence ! À boire avec une tasse de café bien chaud…

Je suis certaine que je pourrais écrire indéfiniment sur rien. Si seulement je n’avais rien à dire.

Laisser un commentaire