Poèmes d’Emily Brontë

Poèmes, Emily Jane Brontë, édition bilingue traduit par Pierre Leyris, collection Poésie, éditions Gallimard.

Qu’est-ce que j’en pense ?

Dans l’ouest du Yorkshire en Angleterre, les trois soeurs Brontë écrivent dès leur plus jeune enfance. Leur famille est isolée de la ville. Elle forme une petite société à part entière où les livres d’enfants sont proscrits. Dans la lande, les jeunes filles se racontent des histoires aux dimensions fantastiques et sombres. C’est là que naît Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights), le roman le plus célèbre d’Emily. Sa courte vie lui empêche de publier ses poèmes. C’est sa soeur Charlotte qui se charge de cette mission et qui s’en fait l’éditrice.

Ces poèmes sont les porte-parole d’une lande où la nature, l’amour et la foi règnent. « Ce sont royaumes combattants, conspirations et luttes, vengeances sanglantes, rivalités et trahisons amoureuses, abandons meurtriers » (avant-propos du traducteur, Pierre Leyris). On peut dire qu’ils s’inscrivent bien dans le romantisme noir ou le gothique puisqu’ils expriment à merveille la puissance du mal. L’imagination du mal est propre à l’écriture d’Emily Brontë qui s’interroge sans cesse sur le sentiment du péché.

Un recueil magnifique qui questionne la biographie de son auteure à travers des témoignages familiaux et des réflexions du traducteur. C’est pourquoi je vous conseille de vous procurer l’édition bilingue !

Qu’importe que, de toutes parts,

Le Péril, le Péché, la Ténèbre nous pressent

Si nous gardons ancré au fond de notre coeur

Un brillant ciel immaculé,

Chaud des mille rayons mêlés

De soleils qui jamais ne connaissent l’hiver ?

La Raison peut souvent se plaindre en vérité

Du triste train de la Nature,

Et révéler au coeur souffrant combien ses rêves

Sont voués à demeurer vains;

Et la Réalité peut piétiner, brutale,

Les fleurs de l’Imagination à peine écloses.

« À l’Imagination », 3 septembre 1844.

Laisser un commentaire